Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LAMBERSART PASSIONNEMENT
  • LAMBERSART PASSIONNEMENT
  • : Blog de l'Equipe de la liste municipale majoritaire "Lambersart Passionnément".
  • Contact

Bienvenue sur notre blog !

13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 20:06

 

Monument morts

 

 

 

Discours de Marc-Philippe DAUBRESSE Député-Maire de LAMBERSART

 

 

‘’ En cette année 2013, la France se prépare à commémorer l’an prochain à la fois le centenaire de la Grande Guerre et le 70ème anniversaire de la libération en 1944.

Ces deux guerres terribles ont bouleversé la vie de dizaines de millions d’hommes et de femmes à travers toute l’Europe et bien au-delà. Nos parents, nos grands-parents, nos arrière-grands-parents ont vu leur destin basculer et même si nous ne le mesurons pas toujours clairement :

nous sommes tous les enfants de 14-18 et de 39-45.

 

L’histoire de ces soldats, venus de toutes les provinces de France et de toutes les colonies, qui se sont battus et sont morts en «faisant leur devoir», par amour de la patrie, c’est notre histoire. Celle de nos familles, celle de notre patrie, celle de toute l’Europe.

En quatre années, celle qu’on a appelé la grande guerre, a changé tant de choses qu’elle a laissé une empreinte indélébile sur notre monde : elle a marqué nos consciences, notre culture, nos politiques, nos paysages, nos villes et nos villages.

 

1914-1918, c’est une charnière entre deux époques, l’un des plus grands basculements de l’histoire dans tous les domaines. 

● Avant la guerre, l’Europe dominait la planète. Quatre ans de conflit ont laissé le vieux Continent brisé, saigné, endetté. Menacé par les déséquilibres économiques et politiques. Bien sûr, il y eut des vainqueurs et des vaincus, mais toute l’Europe avait perdu, laissant le leadership à une nouvelle puissance, les Etats-Unis.

● Avant la guerre, l’Europe goûtait les splendeurs de la «Belle Epoque».  Quatre ans après, notre continent restait plongé dans l’hiver de la peur. Au soulagement et à la joie des vainqueurs répondaient l’humiliation et le ressentiment des vaincus. Ceux qui croyaient que c’était la «Der des Der» découvrirent bien vite «la grande illusion». La paix fut bien provisoire et la guerre de 1939-1945, une suite presque prévisible.

● Autre grand bouleversement de 1914-1918 : la place des femmes. Elle ne fut plus jamais la même après guerre. Celles qui ont appris à vivre seules, à travailler dans les champs et dans les usines pour remplacer leurs hommes partis au front ont affirmé leur liberté et leur droit à l’égalité tout au long des décennies suivantes. La route est encore longue, mais la guerre fut une étape majeure.

 ● 1914-1918 a aussi totalement renversé le paysage politique européen. Les vieux empires n’y ont pas résisté. Le Reich allemand ? Effondré. Il a laissé place à une république fragile, incapable de résister à la montée du nazisme. La Russie du tsar ? Abattue. Elle a plongé dans la guerre civile et le communisme. La Double Monarchie austro-hongroise ? Disloquée par l’aspiration nationale des peuples qui la composaient. L’Empire Ottoman ? Rayé de la carte.

 En fait, l’Europe du XXème siècle est un héritage de la guerre. Le sang versé par nos aînés sur les champs de bataille a nourri notre volonté de sceller la paix entre les peuples par un projet commun. Ce sang versé est le ciment de l’Union européenne, et tout particulièrement du couple franco-allemand qui edst un talisman pour la paix qu‘il nous faut préserver à tout prix.

● La Grande Guerre a aussi transformé les mentalités. En 1914, les hommes avaient foi dans le progrès. Ils pensaient que le travail des savants et des ingénieurs suffirait à rendre le monde meilleur. En 1918, fin de la naïveté ! On avait découvert que la révolution industrielle pouvait servir le pire. Dans la boue des tranchées ou à l’arrière, chacun avait pu voir que le mal passe dans le cœur de tout homme ;c’est ainsi que l’on a vu des soldats anonymes , poussés par une force invisible devenir des héros , et d’autres ,à qui on aurait donner le bon dieu sans confession devenir des traitres; La nature humaine est ainsi faite et malheureusement elle n’a pas changé !

Traumatisée par cette guerre, l’Europe a basculé dans l’ère du doute et de la peur et nous n' en sommes pas sortis depuis !

Paul Valéry le résumait lucidement dès 1919 : «Nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie…»

 

A la veille de la déclaration de guerre, la France était fracturée par les plus profondes divisions internes. Et, du jour au lendemain, au soir de la mobilisation, l’unité nationale a triomphé. Comme si le combat contre l’ennemi commun avait enfin apaisé les déchirements de la Révolution française. Comme si le long travail de l’école républicaine avait enfin porté ses fruits. Dans les tranchées, tout le monde s’est battu pour la France : les «bouffeurs de curés» et les aumôniers, les socialistes et les monarchistes, les ouvriers et les bourgeois, les protestants, les juifs, les musulmans venus des colonies, ceux d’Afrique et ceux de métropole… Ils ont mêlé leur sueur et leur sang. Chacun a rempli son devoir et ceux qui sont tombés dorment côte à côte sous la terre qu’ils ont défendue. Face à l’adversité, l’amour de la France dépassait désormais les conflits internes et les rancœurs du passé.

Sans souhaiter bien sur une nouvelle guerre, comme on aimerait que ce temps de l’union sacrée et du sursaut national revienne !

Cela devrait être une leçon pour nous tous de faire passer les petits égoïsmes et les médiocres ambitions après l’essentiel, malheureusement, certains encore aujourd’hui n’en ont pas tiré les leçons !

● Pourtant, cent ans après, alors que le dernier poilu a rejoint en 2008 ses camarades tombés «au champ d’honneur». Cette guerre qui a tant fait parler, tant fait pleurer, tant fait mourir, doit-elle devenir une page désincarnée dans  un livre d’histoire oublié ?

Non, car au cœur de cette guerre, il y eut un moment exceptionnel de notre histoire, un événement décisif, un épisode qu’il est indispensable de connaître pour comprendre ce qui s’est joué en 1914-1918 : la bataille de la Marne.

Ce ne fut pas la fin d’une guerre, ce ne fut qu’une bataille, mais, grâce au sursaut des soldats conduits par le maréchal Joffre, ce fut le moment où l’histoire bascula en faveur de notre pays ; 

Si la France avait perdu la bataille de la Marne, le Reich aurait vraisemblablement imposé sa domination sur le continent.

Siècle après siècle, en réponse à toutes les résignations, l’Histoire nous livre beaucoup d’autres exemples de ceux qui n’ont jamais laissé tomber. De ceux qui ne se sont jamais résignés. De ceux qui ont pris le fil tissé par leurs aînés et qui se sont battus pour le prolonger et le transmettre à leurs héritiers, plutôt de ne penser qu’à eux mêmes, car tel est bien le sens de l’histoire: si nous nous battons pour défendre certaines valeurs c’est bien pour que la génération qui s’en va puisse les transmettre à la génération qui suit un monde meilleur que celui qu’elle a connu et pas le contraire ;

 

Aujourd’hui, nous sommes leurs héritiers : chaque enfant de France, quelle que soit son origine ou sa condition, peut garder dans son cœur une leçon de ce passé. 

 ● La leçon émouvante de Jeanne d’Arc, qui, Malraux le rappelle «dans (un) monde où le dauphin doutait d’être dauphin, la France d’être la France, l’armée d’être une armée, (…) refit à la fois l’armée, le roi, la France».

● La leçon exemplaire du maréchal de Villars et de ses milliers de combattants qui, à Denain, le 24 juillet 1712, évitèrent à la France du Roi-Soleil de s’éteindre, en infligeant une défaite mémorable aux armées coalisées d’Autriche, d’Angleterre et de Hollande, car on ne peut jamais asseoir une victoire sur des coalitions hétéroclites, qui ne se réunissent provisoirement que pour protéger leur propre intérêt plutôt que de défendre un idéal !

● La leçon inoubliable des soldats de l’an II à Valmy qui défendirent la patrie en danger contre l’alliance elle même hétéroclite des monarchies européennes.

● La leçon héroïque des patriotes qui, dans l’ombre, répondirent à l’appel du 18 juin pour sauver leur pays du déshonneur, et celle des Justes qui refusèrent l’infamie.

 

Rebondir quand tout paraît perdu. Reculer sans rien lâcher sur l’essentiel et, soudain, remonter à l’assaut au moment où personne ne l’attend. Plonger dans une crise douloureuse et en sortir vivants, rassemblés, renforcés. Surprendre. Oui, surprendre, la France a bien souvent surpris. Et si c’était cela le «miracle français» ; 

Le général de Gaulle l’avait nommé «génie du renouveau», lui qui parlait dans ses Mémoires de guerre de sa «vieille France, accablée d’histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche, mais redressée, de siècle en siècle, par le génie du renouveau».

Au regard de l’Histoire, quelles sont finalement les clés du sursaut français ?

L’autorité de dirigeants capables de proposer un chemin fidèle aux valeurs de la France et d’ouvrir la voie, envers et contre tout, sans trembler ? Certainement !

Le courage de français dépassant leurs querelles pour suivre le dessein commun ? Plus encore !

Et surtout, la générosité d’hommes et de femmes capables de ne pas penser qu’à eux mêmes et de se donner par amour du pays et des générations à venir.

Rien n’est perdu pour la France. Jamais. On l’a vu en 1914 et plus encore en 1940, car tout cela c’est la même histoire 

·  Celle qui nous interdit de désespérer de l’avenir.

·  Celle qui nous invite à mener aujourd’hui le combat pour sortir notre nation d’un terrible engourdissement collectif.

· Celle qui nous donne envie de répéter à tous les ambitieux égoïstes cyniques et désabusés la conviction d’un général en exil à l’été 1940 : «Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître? Non! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause, et vous dis : rien n’est perdu pour la France».

 

Bien sur, dans ce monde incertain et chaotique, il peut arriver à tout un chacun de perdre les pédales. 

Mais le jour où on ne sait plus où l’on va, on doit s’arrêter et se retourner pour savoir d’où l’on vient. 

Car pour sortir de la crise morale qui blesse notre patrie aujourd’hui et l’empêche d’affronter les défis du présent avec ardeur, commençons par suivre le conseil de Bernanos : «Ralliez-vous à l’histoire de France !»

Nous n’avons pas à rougir de notre histoire. Nous avons à la connaître et à la comprendre. A l’aimer et à la faire aimer. Avec une légitime fierté un français doit se dire, quelle que soit sa naissance : «c’est mon histoire, c’est notre histoire ; cela m’oblige pour le présent et l’avenir» ’’'

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by LAMBERSART PASSIONNEMENT - dans Patriotisme
commenter cet article

commentaires